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de celle du général Verdier et combattu avec elle, vint se rallier à sa division en tête du bois de Lawden.

Au-delà et à gauche du bois de Lawden, près de la route qui conduit à Eylau, le 18° régiment menaçait cette communication si importante, et donnait déjà au général Benningsen beaucoup d'inquiétude. Ce régiment soutenait seul les efforts de l'ennemi pour maintenir cette communication. Lorsque l'action devint moins vive au centre de la ligne, le général Legrand se porta à cette extrême gauche avec deux bataillons pour soutenir le 18 régiment qui, formé en carré, se maintint dans sa position ; ainsi, douze heures après que le combat eut commencé, vers minuit, l'affaire se termina.

La perte des Français fut d'environ onze cents hommes tués, parmi lesquels se trou. vait le général Roussel, chef d'état-major de la garde impériale, qui conduisait un des régimens de fusiliers, et six à sept mille blessés , au nombre desquels les généraux Espagne, Ferey et Viviés. Le corps du ma

réchal Soult eut seul trente-six officiers et six cent cinquante soldats tués, deux cent quinze officiers et cinq mille six cent treize soldats blessés. La perte des Russes resserrés dans leur position, fut plus grande; ils eurent environ trois mille hommes tués, parmi lesquels les généraux majors Koschin, Warnek et Pahlen, et de huit à neuf mille blessés, dont huit généraux.

On s'attendait qu'au point du jour le combat se rengagerait; les troupes des deux armées étaient sur le champ de bataille à portée de mitraille, et il restait à peine assez de nuit pour pouvoir renouveler les munitions et faire prendre quelque nourri. ture aux soldats. Le général Benningsen s'était maintenu dans sa position et avait repoussé sur tous les points les attaques impétueuses des Français avec beaucoup de vigueur et d'activité; mais ses pertes avaient été si considérables, que ses craintes pour ses communications par sa droite, et l'approche des réserves de l'empereur Napoléon, le déterminèrent à ne pas faire de nouveaux

efforts

pour conserver sa position. Hemploya la journée du ni à préparer sa retraite; il ne fit dans la matinée qu'une démonstration d'attaque de cavalerie pour masquer ses premiers mouvemens ; il fit aussi, dans le même but, canonner d'une rive à l'autre de la rivière , en la remontant, la droite de la division du général Carra Saint-Cyr qui en était la plus rapprochée. A une heure après midi, il donna l'ordre au général Kamenskoi , dont il fit relever les troupes dans les redoutes qu'elles occupaient, de passer l’Alle et de se porter par Barbenstein sur Königsberg pour s'y réunir au corps prussien du général Lestocq.

L'empereur Napoléon, poursuivant son dessein de s'élever sur la droite de l'ennemi pour le couper de Königsberg et de la BassePregel, porta le a le corps du maréchal Davout d'Altkirch , où il s'était rassemblé la veille, à Grossendorff, sur la route d'Heilsberg à Eylau. Les corps qui avaient combattu la veille restèrent en présence; celui du maréchal Ney et la garde impériale vin

..

rent prendre position à Launau; le corps du maréchal Mortier arriva à Altkirch.

· Le corps du maréchal Ney, qui avait formé l'avant-garde de l'armée pendant toute la durée des quartiers d'hiver, venait de remplir glorieusement sa tâche aux différens combats entre Guttstadt et Deppen, où il avait soutenu l'effort de presque toute l'armée rasse; ce corps avait perdu beaucoup d'hommes, beaucoup d'officiers distingués : le général Dutaillis, chef de l'état-major, eut un bras emporté. Depuis le dernier combat de Guttstadt, où ce corps soutint la cavalerie du grand-duc de Berg, il resta en réserve et ne reparut qu'à Friedland sur le champ de bataille.

Le général Benningsen, s'étant aperçu du mouvement du corps du maréchal Davout, poussa une reconnaissance pour s'assurer de la direction de cette colonne qui tournait son aile droite. Les cosaques ne purent atteindre que l'arrière-garde; il n'y eut qu'un léger engagement de cavalerie, et le maréchal poursuivant sa marche prit position à

Grossendorff, où il passa la nuit du u au 12.

Quoique le général russe eût rétabli son ordre de bataille et renforcé sa ligne, en y faisant entrer ses douze bataillons de réserve, et les eût remplacés par la garde impériale, qui, ainsi que nous l'avons dit, était restée sur la rive droite et dans la ville, il ne hasarda pas de tenir plus long-temps dans sa position retranchée à la rive gauche, et profita de la nuit pour l'évacuer et faire sa retraité sur Bartenstein

Le lendemain au matin ; 12 juin, les Français entrèrent á Heilsberg; ils

у

trouvèrent des magasins considérables et un grand nombre de blessés que l'ennemi avait été contraint d'abandonner. Les ponts qu'il avait jetés sur l'Alle, et le camp baraqué construit sur la rive droite, avaient été brûlés.

L'armée russe fit sa retraite sur quatre colonnes, qui marchérent pendant toute la nuit duur, et se réunirent le 12 au matin dans la position très-étendue en avant de Bartenstein, sur la rive droite de l'Alle.

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