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serrait de près et poursuivait vivement le corps du prince Bagration. Cette forte arrière-garde tint ferme à Glottau, pour donner le temps au gros de l'armée de

passer

à la rive droite de l’Alle , ce qu'elle exécuta en défilant sur quatre ponts à la fois. Les charges réitérées de la cavalerie française obligèrent le prince Bagration à abandonner sa position et à se jeter dans Guttstadt, où le grand-duc de Berg entra de vive force à huit heures du soir. Durant toute cette journée, les brigades de cavalerie légère, Pajol, Bruyères et Durosnel, sous les ordres du général Lassalle, et la division de grosse cavalerie Nansouty, manoeuvrèrent et combattirent continuellement contre la cavalerie russe , et principalement contre celle de la garde impériale. Ces combats furent très-animés; les Russes y perdirent beaucoup d'hommes et mille prisonniers : ils évacuèrent toute la rive gauche de l'Alle.

Le corps du maréchal Soult prit, le soir même, position à Altkirch; la réserve de cavalerie, le corps du maréchal Ney, celui du

par la

maréchal Lannes et la garde impériale se réunirent à Guttstadt; le maréchal Davout occupa la rive gauche de l’Alle, au-dessus de Guttstadt, et les villages de Knapen et Ankersdorff

L'armée russe continua sa marche rive droite de l’Alle jusqu'à Heilsberg, où elle arriva dans la nuit; elle occupa la position retranchée où se trouvaient déjà les deux divisions du général Gortschakow; le corps d'arrière-garde du prince Bagration resta sur la rive droite, et prit position à Reichemberg et Liebenberg,

Le dessein de l'empereur Napoléon étant d'enlever à l'armée russe l'appui de Königsberg, de l'éloigner du Haft et des ressources de la navigation, et de la jeter au-delà de la Pregel, il résolut de l'attaquer de front dans sa position d'Heilsberg , et en même temps de faire tourner sa droite sur l’Alle pour la couper de Königsberg. Pendant que l'armée russe serait ainsi attaquée et manoeuvrée, le général Victor, resté sur la Basse-Passarge pour y retenir le corps prussien

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du général Lestocq, devait déboucher par Möhlsack pour le pousser sur Königsberg, et le séparer entièrement de l'armée du général Benningsen. Voici comment cette combinaison stratégique, l'une des plus belles conceptions de Napoléon, fut exécutée.

Le 10 juin, la réserve de cavalerie sous les ordres du grand-duc de Berg, le corps du maréchal Soult, celui du maréchal Lannes, et les fusiliers de la garde commandés par le général Savary, furent dirigés sur Heilsberg. Le corps du maréchal Davout et celui du maréchal Mortier, destinés à manoeuvrer sur l'aile droite de l'ennemi, vinrent prendre position, l'un à Altkirch, l'autre à Guttstadt; le corps du maréchal Ney et la garde impériale restèrent en réserve. Le 10 au matin l'empereur Napoléon donna l'ordre de marche. La cavalerie du grand-duc de Berg fit l'avant-garde; elle était suivie immédiatement et soutenue par le corps du maréchal Soult. Les Russes avaient évacué les villages de Peterswalden, Zechern et Launau ; leur avant-garde occupait le défilé de Bewernic

ken et le rideau qui est entre ce village et le bois dit de Launau. Cette avant-garde, sous les ordres des généraux Barasdin et Lwow, avait été renforcée de cinq bataillons, cinq escadrons et deux batteries. Le grand-duc de Berg la fit attaquer; elle se reploya, sans trop s'engager, et ne fit une vive résistance qu'à la tête du défilé.

L'armée russe se formait, et l'on pouvait juger que le général Benningsen était résolu à recevoir la bataille dans sa position retranchée. Avant de parler des dispositions d'attaque des Français, et pour les faire même entendre, nous allons décrire cette position et la manière dont elle était occupée par l'arınée russe.

Les hauteurs qui entourent la ville d'Heilsberg sur les deux rives de l'Alle avaient été fortifiées

par
divers ouvrages

de campagne appropriés à la nature et aux accidens du terrain; ceux-ci étaient plus favorables à la défense du côté de la rive droite, et cette partie du camp retranché, partagé par la rivière, était aussi la plus forte : celle

de la rive gauche était seulement couverte par trois fortes redoutes entre lesquelles on avait élevé quelques flèches ou redans. Ces ouvrages coupaient les trois routes de Wormditt, Móhlsack et Landsberg. On avait jeté trois ponts sur l’Alle pour faciliter les communications entre les deux rives. Cette position était forte et très-bien choisie comme tête de la ligne des cantonnemens de l'armée alliée, en opposition à celle de l'armée française sur la Passarge. Aussi long-temps que le corps prussien du général Lestocq se maintiendrait devant Braunsberg en s'appuyant au Frisch-Haff, et conserverait ses communications avec le gros de l'armée russe,

le d'Heilsberg conservait tous ses avantages, parce que d'une part il couvrait les routes d'Eylau et de Königsberg, et que de l'autre il assurait la retraite et la ligne d'opération sur la frontière de Russie. Mais aussitôt

que l'armée française eût débouché en-deçà de la Passarge, et coupé la communication entre le gros de l'armée russe et le corps prussien,

camp retranché

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