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le gros de l'armée resta dans sa position en avant de Glottaù; le prince Bagration , avec l'avant-garde, abandonna vers le soir la rive droite de la Passarge, et s'établit à Quetz.

Le 9 au matin l'empereur Napoléon fit passer la Passarge à ceux des corps de son armée qu'il avait réunis à Deppen, et les fit diriger sur Guttstadt. Le grand-duc de Berg, avec la réserve de cavalerie, forma l'avantgarde; il était soutenu par le corps du maréchal Ney; celui du maréchal Lannes et la garde impériale suivaient immédiatement; le corps du maréchal Mortier était à utie marchie en arrière, et arrivait à Mohrungen;

Je corps du maréchal Davout, qui avait fait un mouvement par son flanc gauche sur Osterode pour soutenir la droite du 'maréchal Ney, passa la Passarge à Haasenberg, et fut aussi dirigé sur Guttstadt. Ce maréchal, dont les cantonnemens se trouvaient en arrière d' Allenstein au moment de l'attaque dirigée contre le corps du maréchal Ney, avait d'abord fait repousser les partis que les Russes avaient jetés sur Bergfried

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et sur d'autres points pour couper ses communications. Dans ces circonstances imprévues, le maréchal Davout avait manoeuvré de manière à faciliter au maréchal Ney les moyens de se retirer sur Deppen. Il avait concentré le 6 juin ses troupes à Allenstein et à Detterswald; le lendemain 7 il avait pris sur le ruisseau de Mühlengraben une position défensive telle qu'il ménaçait le flanc gauche de l'ennemi, et s'était décidé à se por ter en masse sur les derrières, dans le cas où le général Benningsen aurait poursuivi son plan d'offensive. Le maréchal avait ajouté à ċes précautions une ruse de guerre, qui, sans doute , contribua beaucoup à arrêter le général Benningsen. Il écrivit le 6 au maré. chal Ney, pour le prévenir que si l'ennemi continuait à le poursuivre, il allait marcher avec quarante mille hommes sur ses derrières, et que l'empereur le suivait avec ses réserves; il remit cette lettre à un officier du 2° de chasseurs, et lui indiqua le chemin à suivre pour la porter, de manière à ce que cet officier ne pût manquer de tomber entre

les mains de l'ennemi. En effet l'officier fut enlevé avec sa dépêche, qui fut immédiatement remise au général en chef.

Le maréchal Soult, qui, ainsi que nous l'avons dit plus haut, avait pris position le 8 au soir à Wolfersdorff, Petersdorff et Schwedt, reçut aussi l'ordre de se diriger sur Guttstadt. Au moment où ses troupes se mettaient en marche, le général Digeon, commandant la brigade de dragons qui avait été laissée au débouché de Dietrichsdorff pour le couvrir, rendit compte qu'une forte colonne ennemie paraissait sur les hauteurs de Vogtsdorff, et se portait dans le bois qui est entre ce village et Schwedt. Un instant après la brigade de dragons fut attaquée par l'avant-garde de cette colonne; des cosaqués poussèrent mênie par Kalkstein sur Schwedt et Elditten.

Les divisions étant formées, le maréchal Soult prit aussitôt celle du général SaintHilaire qui était le plus près; et ayant

donné ordre à la cavalerie légère, ainsi qu'aux deux brigades de la division de dragons qui étaient

restées avec le général Latour-Maubourg, de se porter sur Dietrichsdorff, il marcha å l'ennemi. La division du général Legrand forma la seconde ligne, celle du général Carra Saint-Cyr resta à la tête du bois de Wolfersdorff

L'infanterie ennemie, après avoir dépassé le bois de Dietrichsdorff, entrait déjà dans celui de Wolfersdorff. Une forte batterie était établie en avant de ce village; et en approchant on remarqua que le nombre de ses troupes augmentait à tout instant, même qu'elles 'paraissaient se préparer à pousser l'attaque. Le général Dulauloy fit avancer deux compagnies d'artillerie légère dont le feu éteignit bientôt celui de l'ennemi; alors le général Saint-Hilaire, saisissant avec son impétuosité ordinaire ce moment favorable, fit charger à la baïonnette l'infanterie russe, l'enfonça, détruisit un de ses bataillons, et la mit en fuite avant qu'elle eût eu le temps de se déployer : la cavalerie se mit alors å sa poursuite, et la mena battant jusqu'auprès de Wormditt.

fanterie russe,

Cette colonne était celle du général Kamenskoi ; elle se composait en grande partie des troupes qu'il avait ramenées de Weichselmunde, sept à huit mille hommes d'in

et deux mille cinq cents hommes de cavalerie prussienne. Le général Kamenskoi était parti de Mohlsack dans la nuit du 8 au 9, pour se réunir au gros de l'armée sur Guttstadt. Surpris de trouver sa route interceptée, et croyant n'avoir qu'à repousser un parti , il brusqua l'attaque inconsidérément; repoussé et ramené jusqu'à Wormditt, après avoir perdu cinq ou six cents hommes tués ou blessés et deux cents prisonniers, il s'arrêta pendant quelques heures seulement derrière la petite rivière de Drevenz, et gagna en toute hâte Heilsberg par Mighenen, Raunau et Reimerswald. Le maréchal Soult, se conformant aux ordres de l'empereur, ne voulut point changer de direction, et, sans poursuivre la colonne du général Kamenskoi au-delà de Wormditt , maroha sur Guttstadt.

Pendant ce temps le grand-duc de Berg

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