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A la faveur de ce retard , l'avant-garde française, qui occupait le bois de Launay en avant de Schmolainen, et que la prise d'Alt kirch avait séparée de la division concentrée à Guttstadt, eut la facilité de se retirer. '

(Le gros de l'armée russe s'approchant pour soutenir son avant-garde, le maréchal Ney reconnut qu'il était attaqué par des forces très supérieures, et commença sa re, traite en si bon ordre, qu'il évacua successivement Guttstadt et les autres positions qu'il occupait, combattant pied à pied, et ne laissant en arrière que ce qu'il était nécessaire d'abandonner à l'ennemi, pour pro: longer la résistance et n'être point débordé, Il perdit ainsi quelques centaines de prisonniers, parmi lesquels se trouva lę, général Roger et deux pièces de canon. Son équipage, tomba même au poy voir des Russes; mais ses arrière-gardes ne furent point entamées, et à la fin de cette journées il pgit position avec ses deux divisions à Ankersdorff et, Heiligenthal.

Dans ces divers combats , les Russes, eu

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rent, de leur aveu, deux mille hommes tués ou blessés, et parmi ces derniers, le lieutenant-général Ostermann Tolstoi , le général major Somow, les colonels Saint-Priest et Michelson. La perte des Français, dans cette belle manoeuvre de retraite, nè s'éleva pas à plus de cinq cents hommes tués ou blessés; ils tiraient sur des masses, et ne leur opposaient momentanément que des arrièregardes et des nuées de tirailleurs.

Dans cette même soirée le gros de l'armée russe se réunit à Quetz. L'avant-garde prit position en avant de ce village ; le quartiergénéral et la garde impériale furent établis à Glottau ; l'aile droite s'appuyait an lac de Neudorff, et la gauche s'étendait jusqu'à Glottau; le corps du prince Gortschakow était en réserve à Guttstadt.

On dut s'étonner que le général Benningsen , lorsque son avant-garde se fut empárée de Guttstadt, n'eût pas poussé plus vivement par sa droite la gauche du maréchal Ney, et qu'il n'eût pas mieux employé la masse de forces qu'il avait réunie, et sur

tout la colonne de la garde impériale, qui, suivant l'armée sans entrer en ligne, n’euy dans sa marche aucun but déterminé. Le général français, en se dégageant avec tant d'habileté et de sang-froid d'une position si périlleuse, se couvrit de gloire; il fut sur tout bien secondé par le général Marchand.

Le, 6 juin ,à quatre heures du matin, le prince Bagration mit son corps d'avant-garde en mouvement pour attaquer les divisions du maréchal Ney; il pensait ne pas les trouver si près : elles étaient en bataille sur les hauteurs d'Ankersdorff. Aussitôt que les colonnes russes parurent, le niaréchal, après avoir fait repousser leurs éclaireurs, se porta au-devant, et se maintint quelque temps en avant du village d'Heiligenthal, Il se replia ensuite, et continua sa retraite sans éprouver aucune perte jusqu'à Deppen, sur la rive gauche de la Passarge, où il prit position.

Pendant que le prince Bagration attaquait ainsi de front, et sans trop presser le mouvement rétrograde du maréchal,Ney, l'ar

mée russe qui suivait le mouvement du corps d'avant-garde s'étendait par sa droite et par sa gaúche.' A la droite les trois co

lonnes des généraux Uwarow, Alsufiew et (prince Gallitzin marehèrent stir Wolfers

dorff, et s'y réunirent; celle de gauche, commandée par le princedeGortschakow, marcha de Quietz à travers les bois, ayant en avant d'elle sès éclaireurs qui repoussaient les tirailleurs français. La garde impériale marchait sur deux colonnes; celle de droite, commandée par le grand-duc Constantin, était pour la plus grande partie composée de troupes de cavalerie; celle de gauche, sous les ordres du général Kollogribow, était formée principalement de l'infanterie. Ces deux colonnes se déployèrent et se reformèrent plusieurs fois pendant leur marche par Quetz et Ankersdorff sur Heiligenthal.

L'armée russe se trouvait ainsi tellement concentrée, qu'on pouvait apercevoir en même temps toute la manoeuvre des différentes colonnes; mais celle de Gortschakuw (colonne de gauche), au lieu d'appuyer

sur le centre s'en écarta beaucoup trop pour tourner le lac de Quetz. Le maréchal Ney, qui s'aperçut de cette faute , et, qui n'avait plus à craindre d’être délordé sur son flanc droit, en profita pour occuper une seconde fois, en se portant en avạnt,

le village d'Heiligenthal. Ce bel exemple de défensive active, pendant une retraite devant des forces si supérieures, est trèsremarquable. Le prince Bagration fut obligé de s'arrêter et d'attendre que la colonne de gauche fût parvenue à sa hauteur. Le maréchal Ney dut à cette dernière et audacieuse manoeuvre d'achever trạnquillement son mouvernent rétrograde sur Deppeny et l'on peut dire même que le succès de la journée, lui appartint. On appelą çe combat, le combat de Deppen, quoiqu'il n'y entieu sur ce point d'autre action que celle de l'artillerie qui, par un feu très vif, protégea le passage des troupes françaises. La perte en hommes fut de part et d'autre peu considérable, à cause de la lenteur et de la circonspection que montrèrent les Russes.

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