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à prendre l'offensive. La ligne des cantonnemens de l'armée française depuis Braunsberg' jusqu'à Guttstadt étant fort étendue, les généraux russes se flattèrent qu'ils pourraient effectuer sur divers points avec de fortes masses le passage de la rivière, et qu'après avoir forcé les principaux postes sur la Passarge, et coupé les communications entre les corps d'armée déjà concentrés chacun sur leur point de rassemblement, ils pourraient les battre séparément et à revers; ils espéraient prévenir ainsi les desseins de l'empereur Napoléon.

Nos lecteurs trouveront à la fin de ce volume les états de situation des deux armées dont le choc allait décider du sort de l’Europe. Nous avons relevé ces états de situation d'après les documens les plus authentiques qui aient été publiés dans les deux partis, afin de faire connaître quelles étaient la composition, la proportion des différentes armes, et la force effective de chacune des deux armées opposées. Supposant donc que nos lecteurs en ont pris con

naissance, nous dirons d'abord quelle était la position de l'armée russe à l'époque du 4 juin, veille du jour de la reprise des hòstilités, et nous exposerons ses dispositions d'attaque sur les différens points de la ligne française.

Nous rappellerons ensuite la position de l'armée française recevant l'attaque de l'armée russe : ces premières explications sont nécessaires pour faire bien entendre les événemens, l'issue et les conséquences de ces premiers combats.

Comme nous l'avons dit plus haut, le gros de l'armée russe était rassemblé sur la position retranchée d'Heilsberg entre la rive gauche de l'Alle et la Sense. Son avantgarde était à Launau, et s'étendait par sa droite observant de près les avant-postes du maréchal Ney, afin de lui dérober le mouvement que devait faire l'armée par son aile droite.

Le gros de l'armée, sous les ordres immé diats du général Benningsen, était à Arensdorff; il se composait de trois divisions et

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de la cavalerie de l'aile droite et de l'aile gauche.

Deux divisions sous les ordres du lieutenant-général Doctorow à Neuhof; Le

corps du général Gortschakow à Kapheunen; ceux des généraux Platow et Knorring aux environs de Bergfried;

La garde impériale était en réserve à Beuern : elle était sortie le 2 juin de ses cantonnemens et avait été portée sous les ordres du grand-duc Constantin en avant de Lau

nau;

Le corps du général Kamenskoi, qui après avoir été battu avait été forcé d'évacuer le camp de Neufahrwasser, occupait le bois de Lilienthal, et servait de réserve à la division prussienne du général Rembow;

Le centre ou gros de l'armée, dont on vient d'indiquer la position au 4 juin, d'après le rapport du général Benningsen, était fort de deux cent cinq escadrons et cent quatrevingt-sept bataillons (à peu près quatrevingt-dix-huit mille hommes, comptant les escadrons à quatre-vingls chevaux,

les bataillons de chasseurs à trois cents hormes, ceux de ligne à quatre cents hommes), ainsi qu'on peut le voir dans l'état de situation ou ordre de bataille de l'armée russe à la suite des Pièces justificatives de ce volume.

Le corps prussien ou l'aile droite, en y comprenant un détachement sur la Nehrung, dix-huit mille hommes; Le

corps de l'aile gauche sous les ordres du lieutenant-général comte Tolstoy, quinze mille huit cents hommes;

En tout environ cent dix-huit mille combattans. (Voyez les tableaux à la suite des Pièces justificatives.)

L'armée française à la même époque, après avoir reçu la plus grande partie des renforts dont nous avons parlé, était d'environ cent soixante-dix mille combattans (cent quarante-quatre bataillons, deux cent onze escadrons), savoir : Le jer

corps de vingt-trois mille cinq cent quarante-sept baïonnettes, trois mille sept cent quarante-quatre sabres sous les ordres

Le corps

du prince de Ponte-Corvo, et après la blessure de celui-ci, sous ceux du général Victor, à Braunsberg, Spanden, et dans les cantonnemens en arrière de la Basse-Passárge ;

du maréchal Soult au centre, à Liebstadt, Pitthenen, Lomitten et Alken, trente mille cent quatre-vingt-dix-neuf baïonnettes et mille trois cent soixante-six sabres;

Le corps du maréchal Ney à Guttstadt, occupant Wolfersdorff en avant de la rive droite de la Passarge, quinze mille huit cent quatre-vingt-trois baïonnettes, et mille cent dix-sept sabres;

Le corps du maréchal Davout aux environs d'Osterode et à Allenstein, vingt-huit mille quatre cent trente-cinq, baïonnettes, mille cent vingt-cinq sabres;

La garde impériale à Finkenstein, et aux environs, sept mille trois cent dix-neuf baïonnettes, et mille huit cent huit sabres;

Le corps de réserve sous les ordres du maréchal Lannes à Marienburg, quinze

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