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Russie, dès le 6 octobre 1806 avant la rupture; elle avait renouvelé cette offre par une note du comte de Stadion le 3 avril 1807. Elle proposait aux cours de Berlin, de Londres et de France, son entremise pour une pacification générale; chacune de ces cours, excepté celle de Londres, avait répondu de manière à laisser espérer que la médiation serait acceptée s'il y avait un commun accord; mais M. Caning, secrétaire d'état au département des affaires étrangères de la Grande-Bretagne, fit une réponse dilatoire. Il pressentit que la seule base de traité que voudrait accepter la France ne pourrait que

blesser les intérêts de l'Angleterre, puisque après de si brillantes conquêtes et avec une telle prépondérance sur le continent on ne pourrait espérer delui enlever la Belgique et les départemens du Rhin, ce qui pour l'An: gleterre était la cause et le but de la guerre. L'Autriche ne persista point à entreprendre sans le concours de l'Angleterre une médiation si difficile, cette puissance était d'ailleurs très - irritée de l'occupation continuée de i

Braunau; elle était alarmée de l'influence que pouvait exercer sur les peuples de la Gallicie la levée de l'insurrection polonaise, elle avait rassemble des troupes sur ses frontières et semblait se préparer à profiter des circonstances si quelques revers des armes françaises lui devenaient favorables.

On continuait cependant de négocier, les communications étaient fréquentes entre le quartier-général français de Finkenstein, où Napoléon avait appelé son ministre des affaires étrangères, et le quartier-général des alliés à Barstenstein, où l'empereur Alexandre et le roi de Prusse avaient aussi amené leurs ministres. On paraissait vers la fin de mai, après beaucoup de pourparlers,'être d'accord sur la proposition qu'avait faite le cabinet russe, d'assembler un congrès à Copenhague, où toutes les puissances belligérantes en verraient des plénipotentiaires; mais quand il fallut poser les bases des préliminaires, d'après lesquelles les plénipotentiaires devraient négocier, on cessa de s'entendre; les coalisés demandérent que

l'empereur Napoléon s'en expliquât le premier, il répondit que la base commune devait être une parfaite réciprocité, et que les deux masses belligérantes devaient entrer en commun dans un système de compensation. Il suffit de se rappeler le statu quo

de l'Europe à cette époque, les intérêts et les vues de l'Angleterre et de la Russie, pour juger de l'issue que devait avoir une telle négociation.

Les deux souverains l'empereur Alexandre et le roi de Prusse, s'étaient liés de nouveau par une convention conclue à Bartens stein le 26 avril 1807, dans laquelle les conditions de leur alliance étaient stipulées avec plus de précision qu'elles ne l'avaient été par la convention de Grodno du 12 octobre 1806. Les deux puissances adoptaient la plus grande partie du plan d'agression générale que M. Pitt avait développé dans la fameuse note du cabinet britannique du 19 janvier 1805.

Les puissances continentales coalisées avec

l'Angleterre ne devaient poser les armes qu'après avoir réduit l'empire français à la ligne du Rhin, en avoir détaché la Hol. lande et l'Italie, et substitué au vieux corps germanique, qu'on ne pouvait rétablir, une nouvelle fédération de l'Allemagne. Enfin on devait donner à la Prusse par des échanges l'accroissement de territoire qu'on jugeait nécessaire à la tranquillité de l'Europe. Ce plan, moins étendu que celui de M. Pitt, était consigné dans les cinq articles de la convention de Bartenstein qui devaient, en cas de succès, servir de base aux négociations pour la paix générale. La cour de Vienne fut vivement pressée d'accéder à cette convention et de joindre ses efforts à ceux des quatre puissances coalisées (l’Angleterre, la Prusse, la Russie et la Suède), pour arrêter le torrent des conquêtes de Napoléon. L'Autriche dont les plaies profondes saignaient encore préféra de temporiser, dissimula ses ressentimens, et pour la seconde fois elle les couvrit du voile d'une perfide neutralité. Pendant que les exci

tations des cabinets russe et prussien réunis au quartier - général de Bartenstein, échouaient devant la prudence autrichienne, les deux souverains qui combattaient en personne à la tête de leur armée n'étaient guère plus satisfaits de la coopération de leurs autres alliés. L'expédition anglaise si impatiemment attendue par les Suédois, n'avait point encore paru dans la Baltique. L'armistice conclu entre le général Essen et le maréchal Mortier ne laissait plus aux alliés aucun espoir d'une diversion assez puissante pour changer la face de leurs affaires, et, comme ils s'en étaient flattés, déterminer l'empereur Napoléon à lever le siége de Dantzick. Ce dernier boulevart de la Prusse orientale étant enfin tombé au pouvoir des Français, les vaines négociations de paix furent définitivement rompues, et de part et d'autre on courut aux armes.

Le général Benningsen, qui n'avait pas cru devoir hasarder de livrer bataille pour dégager Dantzick, changea tout à coup de résolution, et décida l'empereur Alexandre

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