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camp retranché de Neufahrwasser, quc lagarnison déposât les armes et restât prisonnière, Kalkreuth répondit que n'ayant plus aucune communication avec Weichselmunde et le camp retranché, il ne pouvait prendre à cet égard aucun engagement, et qu'il était résolu à périr avec le reste de sa garnison sur les remparts, plutôt que de souscrire à des conditions plus humiliantes que celles qu'il avait accordées lui-même à la garnison de Mayence, en 1793.

Plein d'estime pour son digne adversaire, le maréchal Lefebvre en référa à l'empereur Napoléon; il lui représenta que maître de la place, il le serait bientôt de Weichselmunde et du camp, et que le feld-maréchal Kalkreuth, poussé au désespoir, ferait encore payer bien cher une conquête qui avait déjà coûté le sang de tant de braves. Napoléon se renditaux observations du maréchal, et Pautorisa à accorder au gouverneur de Dantzick les conditions qui lui sembleraient être les plus convenables.

Le 24 mai, après trois jours de négocia

tions, la capitulation fut arrêtée et signée entre le général Drouet, chef de l'état-major de l'armée de siége d'une part, et le gouveru neur Kalkreuth, les généraux prussiens Rouquette, Collamberger, et le général russe Scherbatow, de l'autre.

Les principales conditions de la capitulation furent que la garnison sortirait avec armes et bagages, drapeaux déployés, tambour baltant, mèche allumée, avec deux pièces d'artillerie légère et leurs caissons attelés de six chevaux, pour être conduite aux avant-postes de l'armée prussienne à Pillau, én passant par l'île de Nehrung, et en cinq jours de marche. Cette garnison s'engageait à ne pas servir contre l'armée française et ses alliés pendant un an. Toutefois la capitulation ne devait recevoir son exécution que si à l'époque du 26 mai, à midi, la garnison n'avait pas été secourue, bien entendu que jusqu'à cette époque la garnison de Dantzick ne pourrait faire aucune attaque contre les assiégeans, en supposant le cas où ceux-ci se battraient en dehors.

En conséquence, le 26 à midi, le Hagelsberg, les portes d'Oliva, de Jacob et de Neugarden, furent cédées aux troupes françaises, et le lendemain 27, la garnison sortit avec les honneurs stipulés et marcha vers Pillau par la Nehrung. Le maréchal Lefebvre fit le même jour son entrée à la tête de son corps d'armée ; le maréchal Lannes et le général Oudinot se refusèrent à son invitation de partager avec lui les honneurs de ce triomphe auquel ils avaient tant contribué.

Depuis le combat du 15, le général Kanienskoi, retiré sous Weichselmunde, n'avait fait que d'inutiles démonstrations. Témoin passif des apprêts de l'assaut et de la reddition de la place, et voyant déjà disposer des batteries à boulet rouge pour brûler ses bâtimens de transport, il se hâta de faire embarquer ce qu'il lui restait de troupes, et mit à la voile pour Pillau.

Le maréchal Lefebvre fit sommer immédiatement le fort de Weichselmunde; mais pendant qu'on réglait les articles de la capi

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tulation, la garnison sortit volontairement et se rendit prisonnière.

Nous ne saurions mieux terminer cette relation authentique du siége de Dantzick, qu'en consignant ici quelques observations du général Kirgener, chef de l'état-major du génie. Cet officier général, l'un des plus distingués de son arme, et qui fut frappé de la mort des braves sur le champ de bataille de Bautzen, par le même boulet qui enleva aussi à la France le grand-maréchal du palais Duroc, était directeur des attaques, et commanda en chef jusqu'à l'arrivée du gé. néral Chasseloup, le 19 avril. Il terminait ainsi le précis qu'il a publié en 1807 :

« Les principales difficultés de ce grand « siége ont été,

« 1°. Que M. le maréchal Lefebvre avait « d'abord une armée inférieure à celle du ma« réchal Kalkreuth, et que cette armée était « composée, en grande partie de troupes « neuves; toutes celles destinées au siége u n'ayant pas eu le temps de rejoindre

u encore.

« 2°. Que l'artillerie avait une peine in« finie à faire arriver ses convois par la dif« ficulté des chemins et de la mauvaise « saison; ce qui a retardé l'établissement « des batteries, et forcé de ménager les mu. a nitions jusqu'à la fin.

« 3o. Que la place obligeant à une trèsgrande circonvallation, qui n'a pu être « même entièrement fermée qu'après l'ar« rivée des renforts, les corps de troupes qui « occupaient les divers quartiers, étaient ( extrêmement faibles, et ne pouvaient « fournir que très-peu de travailleurs à la « fois, et encore trop peu de gardes pour « les tranchées.

« 4°. Enfin, que l'on n'avait aucun bon « plan de la place, aucune idée de la pro« fondeur des fossés, et que les accidens du K terrain en avant de la fortification se « multipliant à l'infini, on ne pouvait les a reconnaître qu'à mesure de l'avancement « des travaux.

« Ces circonstances, la nécessité de conu centrer la majeure partie des troupes à

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