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tillerie; trois fortes batteries de quarante à cinquante pièces étaient placées sur le front de la position, devant la droite, la gauche, et le centre. Le lieutenant-général Tutschakow commandait l'aile droite, le lieutenant-genéral baron de Sacken le centre, et le lieutenant-général comte Ostermann Tolstoy, l'aile gauche; l'avant-garde, soutenue par une di: sion, était sous les ordres du prince Bagration; la réserve, formée de deux divisions, était commandée par le lieutenant-général Doctorow.

Le corps prussien, sous les ordres du général Lestocq, poursuivi et déjà atteint par le maréchal Ney, était arrivé dans cette même soirée du 7 à Hussenen, à trois lieues d'Eylau : il y reçut l'ordre d'en partir sur-le-champ pour se rallier à l'armée russe et former son aile droite en prenant position au village d'Althof; mais il ne pouvait suivre cette direction sans prêter le flanc au maréchal Ney, qui marchait aussi sur Eylau et manoeuvrait

le

pour

couper. Ainsi placées à demi-portée de canon l'une

de l'autre, les deux armées passèrent le reste de la nuit à se préparer au combat, et des milliers de braves, excédés de fatigue, reposèrent sur le sol qui, peu d'heures après, devait être leur tombeau.

Le lendemain 8 février, avant la pointe du jour, le général Benningsen, ayant formé en deux colonnes les troupes du centre de sa ligne et celles de sa réserve, engagea l'action par un grand feu d'artillerie dirigé sur la ville d'Eylau, qu'il parut vouloir attaquer. Napoléon, s'étant porté à la position du cimetière, fit avancer quarante pièces de canon de sa garde pour répondre au feu de l'ennemi. Cette canonnade , très-meurtrière pour les deux partis, fut soutenue avec la plus ferme contenance par les trois divisions du corps du maréchal Soult, 'rangées en bataille ; savoir : celle du général. Legrand un peu en avant de la ville, celle du général, Saint-Hilaire sur le plateau à la droite, , et celle du général Leval à la gauche de la division Legrand et des premières maisons de la ville. L'artillerie de ces trois divisions

seconda celle de la garde impériale; tous les coups portaient dans les masses serrées de l'infanterie russe , .

russe , qui n'en furent point ébranlées. Pendant cette épouvantable canonnade, les divisions des généraux Heudelet et Desjardins, du corps du maréchal Augereau, débouchaient et entraient en ligne entre la gauche de la division SaintHilaire et le monticule du cimetière, derrière lequel toute l'infanterie de la garde était en réserve.

Le dessein de l'empereur Napoléon était de manoeuvrer par son aile droite (le corps du maréchal Davout) pour envelopper l'aile gauche de l'ennemi appuyée aux villages de Serpallen et Sansgarten; il ordonna au général Saint-Hilaire de former sa division en bataillons déployés, soutenus par des ba, taillons en colonne, et de marcher ainsi en avant pour seconder par sa droite l'attaque du maréchal Davout. L'objet de cette attaque, dont nous parlerons tout à l'heure, était, après avoir débordé cette aile gauche, de la prendre en flanc et sur ses derrières

pour la rejeter sur le centre de la ligne russe que Napoléon faisait attaquer par le corps du maréchal Augereau soutenu par la grande réserve de cavalerie et par la garde impériale.

Il suffit de jeter les yeux sur le plan du champ de bataille, pour concevoir le dessein du général français; la description du terrain tout parsemé de petits lacs et de monticules, n'est presque d'aucune importance, parce que toutes les eaux étaient fortement gelées, et que tout le pays couvert de neige n'offrait d'accidens remarquables et d'obstacles naturels que quelques petits villages et les bois en arrière du centre et de la gauche de la ligne russe.

Dès le commencement de l'action, le général Benningsen, comptant sur l'effet de sa formidable artillerie, tenta de manoeuvrer par sa droite et d'enlever la ville d'Eylau pour hâter et assurer le ralliement du corps prussien; mais l'audace avec laquelle les colonnes françaises débouchèrent sous le feu plongeant des batteries russes, et bientôt

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le corps

du ma

après l'attaque formée

par réchal Augereau et les premiers mouvemens de la division Saint-Hilaire, obligèrent le général Benningsen à changer sa disposition, et dégagèrent la gauche de l'armée française. A mesure que le maréchal Davout débouchait sur la direction de Serpallen , en s'élevant sur l'extrême gauche de la ligne russe, et que la division Saint-Hilaire se portait à droite pour se joindre à la gauche de ce maréchal, l'armée française prenait un ordre oblique par rapport à la position générale de l'ennemi; la ville d'Eylau servait de pivot à ce demi-changement de front, et le succès de l'attaque sur le centre devait déc cider promptement la victoire.

L'exécution de cette savante disposition fut contrariéc par un accident qui prolongea la lutte et rendit la bataille plus sanglante et moins décisive. Une neige épaisse, poussée. avec violence par le vent du nord, obscurcit tout à coup l'horizon; les Français recevant en face la bourrasque en étaient aveuglés, tandis que les Russes l'avaient à dos et pou

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