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rallèles contre les sorties de la garnison. L'ennemi avait doublé son feu, et bouleversait entièrement les têtes des sapes; ce fut dans la nuit du 23 au 24 que le général Lariboissière fit commencer le feu des mortiers et des obusiers. Les batteries de canon furent démasquées au point du jour; l'ennemi riposta avec la plus grande vivacité, mais on s'aperçut bientôt que l'artillerie française prenait la supériorité. Elle était dirigée par les généraux Danthouard et Lamartinière; le feu des assiégés se ralentit peu à peu; une de leurs bombes tomba sur le magasin de la batterie du Stolzenberg, mais un soldat travailleur eut l'heureuse audace d'y pénétrer et de couper la mèche.

Quelques déserteurs ayant assuré que ce premier feu des assiégeans avait fait beaucoup

de

ravages dans la place, le maréchal Lefebvre fit sommer le gouverneur, qui répondit comme on devait s'y attendre de la part du feld-maréchal Kalkreuth. Les feux des batteries incendiaires et des batteries de revers recommencèrent pendant la journée

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du 25; les généraux Danthouard et Lamartinière firent construire une nouvelle batterie entre les flancs bas du Stolzenberg, et changèrent aussi la direction de quelques autres afin de battre le bastion de droite du Bischopsberg, dont le feu incommodait beaucoup les batteries françaises.

Un nouveau convoi venu de Varsovie , donna le moyen d'augmenter les batteries du front d'attaque, ainsi que celles du Stolzenberg

Le feu avait été très-vif de part et d'autre pendant toute la journée du 26, et les assiégeans avaient poussé un boyau de communication à la droite pour rejoindre la parallèle. A sept heures du soir le feu de l'ennemi cessa tout à coup; ce silence fit soupçonner au colonel du génie Lacoste, aide-de-camp de l'empereur, commandant la principale attaque, que l'ennemi méditait une sortie. Il se concerta avec le général Ménard pour faire échouer cette entreprise; des détachemens furent placés à droite et à gauche dans les tranchées ; ils reçurent

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l'ordre de laisser avancer l'ennemi, et de nę se montrer que lorsqu'ils seraient en mesure de couper la tête de la colonne. A dix heures du soir le petit poste, placé en avant ventre à terre se reploya, et vint annoncer que l'ennemi sortait de la place marchant en colonne par pelotons. Six cents grenadiers prussiens formaient cette attaque, ils étaient suivis de deux cents travailleurs, le général Ménard fit alors sortir les troupes des tranchées et fit aborder l'ennemi à la baïonnette sans tirer un seul coup de fusil. Cette agression inattendue déconcerta les grenadiers prussieps, ils s'arrêlerent et voulurent se retirer sur une forte réserve qu'ils avaient laissée dans le chemin couvert; mais les détachemens placés à droite et à gauche des tranchées chargèrent alors sur les deux flancs, et la tête de la colonne se trouvą coupée. L'ennemi perdit dans cette sortie cent quarante-neuf hommes tués, un grand nombre de blessés, et environ sept cents prisonniers.

Le feld-maréchal Kalkreuth fit demander

une suspension d'armes de deux heures

pour enterrer les morts. Les assiégeans en profitèrent pour reconnaître de nouveaux emplacemens de batteries à ricochet et la direction des tranchées la plus propre à les lier aux parallèles; on joignit aussi par un boyau la gauche des deux batteries du Stolzenberg à l'attaque du Bischopsberg; enfin on porta des obusiers, des mortiers et trois pièces de douze dans la demi-place d'armes entre la deuxième et la troisième parallèle.

A l'attaque de la Basse-Vistule, le chef de bataillon du génie Sabatier faisait continuer les travaux. Il s'avançait sur la digue jusqu'au-dessous de l'embouchure du canal, il s'emparait avec un détachement d'une langue de terre située à l'extrémité de l'île d'Holm , et l'isolait par une coupore;

enfin il rendait plus immédiat et completait la communication des deux rives par la construction de deux ponts de bateaux, l'un sur le fleuve et l'autre sur le canal de Laack.

Le 28 avril, à l'attaque principale, on travailla à prolonger la droite de la troisième

parallèle, et à élargir les communications: On prolongea l'un des boyaux de la demiplace d'armes vers l'emplacement qu'on avait reconnu la veille pendant la suspension d'armes.

Ce même jour, à dix heures du soir, les gardes de la troisième parallèle furent attaquées par une sortie de deux mille hommes; l'attaque commença par la gauche de la parallèle. Le commandant Rogniat, major de tranchée, s'étant avancé avec deux compagnies du 19o régiment de ligne, culbuta les assaillans et les poursuivit jusqu'aux palissades du chemin couvert, où quelques braves eurent l'imprudence de sauter. Pendant ce temps, un bataillon de grenadiers prussiens repoussa d'abord deux compagnies françaises, pendant que deux autres bataillons, sortis aussi du chemin couvert, cherchaient à les tourner; mais le général Michaud qui commandait la réserve, marcha au secours des gardes de tranchée, et repoussa l'ennemi au moment où il pénétrait dans les communications de la troisième parallèle. Les Prus

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