Imágenes de página
PDF
ePub

un détachement ennemi. Il fut emporté après une vive résistance, et les Prussiens perdirent encore le faubourg de Schidlitz, où ils s'étaient retirés. Le général Ménard se retrancha dans ce dernier poste par différentes coupures, se lia avec le général Dupas par les revers du Zigankenberg. Le général Gardanne, sous les ordres duquel se trouvaient les généraux Ménard et Dupas, avait établi son quartier-général à Pietzkendorff. Le 3e régiment d'infanterie légère saxon occupa les hauteurs de Jebrsustelberg, le faubourg d'Oliva , et les digues qui de Saint-Halbrecht se dirigent sur la Moltau,

Le 18 mars, la place se trouvait entièrement investie, à l'exception de la partie orientale qui, par l'île de Nehrung, communiquait avec Königsberg. Il ne restait à la

garnison que cette communication par terre. , Le feld-maréchal Kalkreuth se hâta d'en profiter pour se jeter dans la place, dont il vint lui-même, en sa qualité de gouverneur, commander la défense. Il amena avec lui un renfort considérable d'infanterie

russe et de cosaques : son arrivée fut annoncée par une salve d'artillerie.

L'ile de Nehrung est une grande langue de terre entre la Baltique, le golfe de FrischHaff et la Vistule, au-dessus de l'île de Nogat. On sait combien cette communication, qui n'a pas moins de dix à douze lieues de longueur, était importante pour la garnison de Dantzick; aussi n'avait-on rien négligé pour la mettre à l'abri d'une attaque : on y avait élevé des batteries gardées par un fort détachement. Le maréchal Lefebvre n'avait pu encore faire attaquer la Nehrung à cause des glaces que la Vistule charriait en quantité; mais aussitôt que le fleuve fut un peu débarrassé, le général Schram reçut ordre de passer dans l'île, avec un corps d'environ deux mille hommes et six pièces de canon. Il divisa sa troupe en trois colonnes, sous les ordres des colonels Brayer, Vogel et Montmarie. Le colonel Tholosé, avec un détachement de cinquante chasseurs et une pièce de canon, fut chargé de côtoyer la rive gauche de la Vistule , pour inquiéter len

nemi, et prendre en flanc tous ceux qui chercheraient à se sauver par la digue de la rive droite.

Le général Schram fit aborder ses troupes à Furstenwerder, le 20 mars, à quatre heures du matin. Elles gagnèrent très-heureusement la rive opposée sans être aperçues. Le lieutenant Lavergne, du 2e régiment d'infanterie légère, parvint le premier à la pointe de l'île à côté d'une digue qui la traverse, et dont le général Schram lui avait ordonné de s'emparer à tout prix. Ce brave officier marcha droit sur le poste ennemi,

le surprit, s'en rendit maître, et paya généreusement de sa vie ce beau fait d'armes.

Le succès de cette première attaque assura le débarquement du reste des troupes. Le colonel Brayer ayant formé są colonne, se dirigea sur Nikelswalden, afin d'empêcher l'ennemi de se retirer sur Dantzick. La seconde colonne, aux ordres du colonel Vogel, se dirigea sur le lac Fruenkalmyn, elle devait prendre position; sa droite appuyée au lac et sa gauche à la afin d'observer

[ocr errors]

mer,

le point de Pillau , et de s'opposer à la retraite de l'ennemi de ce côté. Le général Schram, avec la colonne du colonel Montmarie, marcha directement sur les Prussiens.

Le général prussien qui commandait sur l'île de Nehrung, déconcerté par cette attaque inattendue, n'eut le temps de faire aucune disposition. Il ne put rallier ses troupes, sous la protection de quelques pièces d'artillerie, qu'entre Wordelm et Bohnsack. Chassés de cette position, et poursuivis vivement, les Prussiens se jetèrent dans les dunes, entre Newhar et Krakau, où ils reçurent un renfort d'infanterie et six cents cosaques , envoyés par le maréchal Kalkreuth. Ces troupes fraîches rétablirent le combat avec d'autant plus d'avantage, que les Français n'avaient alors qu'une seule pièce pour répondre à la nombreuse artillerie qu'avait le général prussien.

Le général Schram ayant fait avancer un bataillon du 2° régiment d'infanterie légère, fit charger vigoureusement les cosaques; et

ceux-ci, effrayés de cette attaque, entraînerent dans leur fuite le reste de la troupe prussienne, qui se retira en désordre sous le canon du fort de Weichselmunde.

Le maréchal Kalkreuth, vers les sept heures du soir, fit sortir de Dantzick une colonned'environ quatre mille hommes pour rallier les troupes battues, et pour empêcher les Français de s'établir dans l'île de Nehrung. Malgré la supériorité du nombre, les Français rengagèrent le combat avec une nouvelle ardeur et de nouveaux succès. La colonne rentra dans la place, et l'ile de Nehrung resta au pouvoir des vainqueurs, avec deux cents prisonniers et deux pièces d'artillerie.

Le maréchal Lefebvre ne perdit pas un instant pour s'assurer la possession d'une conquête si importante. Il fit établir un pont sur le front gauche de la Vistule, et construire divers ouvrages propres à arrêter les tentatives de l'ennemi du côté de Dantzick, et celles qui pourraient être essayées du côté de Pillau. Le général du génie Kirgener

« AnteriorContinuar »