Imágenes de página
PDF
ePub

serveraient un poste au-delà de la Peene et derrière la barrière d'Anclam; que pendant l'armistice les Suédois ne fourniraient ni directement ni indirectement aucun secours, de quelque nature que ce fût, aux villes de Colberg et Dantzick, non plus qu'aux troupes d'aucune puissance en guerre avec la France ou avec ses alliés; enfin qu'aucun débarquement de troupes dont les puissances seraient en guerre avec la France ne pourrait s'effectuer à Stralsund, dans la Poméranie suédoise et dans l'île de Rugen, pendant la durée de l'armistice. Et si des troupes débarquaient à Stralsund d'après des ordres supérieurs, ce que le baron d'Essen ignorait, il s'engageait à empêcher de la part de ces troupes tout acte hostile envers les Français pendant la durée de l'armistice. Les hostilités ne pouvaient recommencer qu'en se prévenant dix jours d'avance.

Le maréchal Mortier, qui reçut encore un renfort composé du 3e régiment de ligne et de trois cents dragons et chasseurs, fit en

trer son corps d’armée en cantonnemens. Il plaça son infanterie entre Passevalck et Stettin, occupa les îles d'Uzedom et de Wollin, et répandit sa cavalerie dans le Mecklem. bourg-Strelitz.

Après avoir fait ces dispositions, le maréchal Mortier porta son quartier-général à Stettin. Peu de jours après, le 29 avril ; de nouveaux pourparlers avec le général Essen amenèrent la conclusion d'un article additionnel par lequel les hostilités entre les troupes françaises et les troupes suédoises ne devaient recommencer qu'après s'être prévenus un mois d'avance, au lieu de dix jours, comme il avait été stipulé par l'armistice du 18.

Ces événemens donnèrent à l'empereur Napoléon la facilité de disposer d'une partie des troupes qui se trouvaient rassemblées sous les ordres du maréchal Mortier, et dont la présence n'était plus nécessaire en Poméranie. La plupart des troupes qui formaient la division Granjan reçut l'ordre de se diriger sur Thorn, Marienwerder et Dantzick.

Le maréchal ne conserva sur le Bas-Oder qu'une division d'infanterie, commandée par le général Dupas, et deux régimens de cavalerie hollandaise, hussards et cuirassiers, sous les ordres du général Lorge. Le premier soin du maréchal fut d'assurer, par des partis composés d'infanterie et de cava. lerie, les communications entre Camin et Colberg, et de Stettin à Marienwerder et Thorn. Il fit surveiller aussi par des détachemens toute la côte de la Baltique, et les deux rives de l'Oder. Le reste des troupes, sous les ordres du maréchal, ne tarda pas à recevoir diverses destinations pour se rallier à la Grande-Armée, et pour renforcer le corps qui assiégeait Colberg, et dont le commandement fut donné au général Loison. Le maréchal lui-même partit de Stettin le 14 mai, avec son état-major, et porta son quartier-général à Rumelsburg. Dans cette position, à l'embranchement des routes de Colberg et de Dantzick , il était en mesure de porter des secours sur les points où il serait le plus nécessaire,

Nous ne parlerons pas des mouvemens ultérieurs des troupes formant le corps du maréchal Mortier (8° corps de la GrandeArmée), jusqu'à l'époque où il rentra en ligne, et prit une part non moins glorieuse aux opérations de l'ouverture de la campagne dans la Prusse orientale, qu'à celles qu'il avait dirigées dans les deux Pomeranies. Une partie de ce corps d'armée, savoir, les chevau-légers belges, une compagnie d'artillerie à cheval hollandaise , et les trois régimens d'infanterie hollandais, passèrent avec les généraux Granjan et Lacombe SaintMichel, sous les ordres du maréchal Brune. Ce maréchal, comme nous le dirons plus tard , fut chargé du commandement en chef entre l'Elbe et l'Oder, et d'observer l'armée suédoise.

Nous avons rendu compte de la position des corps

de la Grande-Armée française cantonnée sur la Passarge, de celle de l'armée russe, et de l'observation mutuelle des corps du maréchal Masséna et du général Essen, sur la Narew. Nous avons fait connaître, en

anticipant un peu sur l'ordre des dates, les opérations de la guerre de siége conduite en Silésie par le général Vandamme, sous les ordres du prince Jérôme, et de celle aussi terminée en Pomeranie par le maréchal Mortier. Il nous reste, avant de parler des opérations de l'ouverture de la campagne dans la Prusse orientale, à donner l'historique du siége de Dantzick , et à faire connaître comment fut employé tout le temps du séjour de l'armée française sur la Passarge. Si nous avons retracé trop rapidement les siéges des places de la Silésie, où les troupes vurtembergeoises et bavaroises se distinguèrent par des actions audacieuses, et suppléèrent à leur petit nombre par la plus étonnante activité, c'est que nous avons craint de distraire trop long-temps l'attention de nos lecteurs de la scène principale, et du but des efforts et de la constance de Napoléon.

« AnteriorContinuar »