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chasser l'ennemi. Benningsen, de son côté, s'obstina à conserver ce poste important, la clef de sa position. Le général Barclay de Tolly le défendit avec la plus grande opiniâtreté. Les Russes ne cédaient le terrain que pied à pied, dans les rues et dans les maisons où ils s'étaient renfermés; la nuit ne fit qu'accroître l'acharnement. Barclay, retranché avec quelques bataillons dans l'ém glise et dans le cimetière situé sur un monticule, à la droite de la ville, soutini plusieurs attaques meurtrières, et fut lui-même grièvement blessé. Enfin, vers dix heures du soir, les Russes abandonnèrent la ville jonchée de leurs moris, et se retirèrent sous la protection d'une division d'infanterie que le général Benningsen avait fait marcher à leur soutien.

C'est ici le lieu de faire connaître la force numérique des deux armées, et d'indiquer leur position dans la nuit du 7 au 8 février. Il est difficile de savoir précisément le nombre de combattans présens sous les armes sur un champ de

bataille; on ne peut guère le déterminer que par aperçu, d'après l'organisation, les états de situation de l'époque la plus rapprochée, et les rapports officiels : c'est ce que nous avons essayé de faire.

Et d'abord, quant à l'armée française, d'après la composition des quatre corps d’armée qui combattirent à Eylau, celle de la réserve de cavalerie et de la garde impé riale, nous trouvons cent dix-huit bataillons et cent quarante-huit escadrons; en évaluant et compensant les pertes très-iném gales dans les divers corps, et prenant un moyen terme, nous croyons être à peu près exacts en portant la force de l'infanterie à cinquante-cinq mille hommes, celle de la cavalerie à dix mille chevaux, celle de l'artillerie à trois mille cinq cents hommes, ce qui donne un total de soixante-huit mille cinq cents combattans.

Napoléop, pour s'assurer la conservation du poste si difficilement arraché à l'ennemi, fit bivouaquer au-delà de la ville une des divisions du maréchal Soult (celle du général

Legrand ); tout le reste de l'armée, c'est-àdire tout ce qu'il avait là, et qui formait le centre ou corps de bataille, fut mis en ligne en arrière et près de la ville de la manière suivante :

La division Saint-Hilaire à la droite, entre Eylau et Rothenen, ayant en seconde ligne la division Leval du même corps (maréchal Soult ); le corps' du maréchal Augereau en arrière sur la gauche; une division de dragons ( général Milhaud ) à la droite de la division Saint-Hilaire; les divisions de dragons des généraux Grouchy et Klein en arrière du centre de la ville ; la garde impériale en seconde ligne et un peu à gauche; la division de cuirassiers du général d'Hautpoult à gauche et un peu en arrière de la garde à cheval, ayant devant elle la cavalerie légère du général Lassalle.

L'aile droite et l'aile gauche de l'armée française, c'est-à-dire le corps du maréchal Davout et celui du maréchal Ney, avaient marché à hauteur de la colonne du centre, et devaient le lendemain se porter sur

Eylau', pour déborder les flancs de la ligne ennemie; savoir : le maréchal Davout avec trois divisions tournant le flanc gauche, et le maréchal Ney avec deux divisions tournant le flanc droit.

L'empereur Napoléon, qui s'était arrêté sur la hauteur de laquelle l'arrière-garde russe avait été dépostée, porta, avant le jour, son quartier-général à Eylau, où le grand-duc de Berg et le maréchal Soult l'accompagnèrent.

Telle fut la position de l'armée française dans la nuit du 7 au 8 février. · L'armée russe, forte de cent trente-deux bataillons, cent quatre-vingt-quinze escadrons et vingt-une batteries, était composée de sept divisions : nous avons indiqué précédemment l'organisation des deux ar-, mées, qui, réunies sous le commandement du général Benningsen, avaient chacune quatre divisions (la huitième, celle du général Sedmaratzki, était restée à Goniadz pour renforcer le corps du général Essen sur la Narew ). Le total des sept

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divisions russes, à cause des pertes failes depuis la première retraite, ne s'élevait pas à plus de soixante-dix mille combattans. Le corps prussien, qui avait été renforcé de deux régimens russes, ne pouvait depuis que sa division d'avant-garde avait été coupée et détruite à Waltersdorff, être compté pour plus de dix mille hommes; ainsi, la force de l'armée alliée était d'environ quatrevingt mille combaitans de toutes armes.

Sa position sur les collines au nord de la ville d'Eylau était avantageuse. L'armée française ne pouvait déboucher et former sa ligne de bataille que sous le feu des batteries dont les hauteurs en ayant du front étaient hérissées. Toute l'infanterie des sept divisions de l'armée russe était disposée sur trois lignes et formée dans chaque division en colonnes serrées; la cavalerie sous le commandement général du prince Gallitzin, et les cosaques sous les ordres du lieutenant-général hettmann Platow, étaient distribués par égale part aux deux ailes et au centre. Il en était de même de l'ar

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